R. FEDERER, ENTRER DANS LA LEGENDE

Publié le 6 juillet 2009 par Régis Adnet | flux rss Flux RSS de l'article

Composante mentale : émotions
Composante mentale : émotions

ENTRER DANS LA LEGENDE

Séquence
En battant l’Américain Andy Roddick au terme d’une finale en cinq sets (30 jeux dans le dernier !) qui dura plus de quatre heures, Roger Federer remporte son sixième titre à Wimbledon. Il devient surtout le premier à gagner quinze tournois du Grand Chelem : Légendaire !

Faits visibles
Roger Federer est devenu le joueur le plus titré en Grand Chelem en remportant son quinzième titre, sur le court-même où il avait conquis le premier six ans plus tôt. Il reconquiert du même coup la place de n°1 mondial perdue l’été dernier au profit de Rafael Nadal.
Ce dimanche 05 juillet 2009, en conférence de presse, il est 21h07, veston crème au revers duquel est déjà brodé le chiffre record « 15 » et un tee-shirt sur lequel on peut lire « There is no finish line… », le suisse déclare :
« C’est fou !… J’ai tout en même temps ! Le record, le doublé Roland-Garros – Wimbledon… Je suis conscient que ce sera dur de revivre ça. Mais voilà, maintenant, je suis là où j’ai toujours voulu être. »

Notre sujet
Comment devient-on un extraordinaire champion ?
Talent, travail, résistance, perfection, envie… mais quels sont les secrets pour entrer dans la légende ?

Fausses pistes
Naît-on champion ? Dès le plus jeune âge le destin nous dote de toutes les qualités et compétences pour devenir un très grand, pour devenir légendaire. La route est peut-être longue mais cela roule tellement bien ! L’histoire du sport fourmille de réponses contradictoires. Les coups de génie existent certes, mais ils ont pour la plupart le destin d’une étincelle.
Accéder au plus haut-niveau, gagner, perdre, résister, battre des records et durer n’incombe pas essentiellement à la seule maxime : « C’était écrit ».

Approche possible
Certes de sa jeunesse Federer a hérité d’un atout essentiel : une exceptionnelle coordination gestuelle qui étonne rapidement tout le monde. Cependant, à 22 ans il n’a toujours pas gagné un seul grand Chelem, alors qu’à cet âge, Becker, Edberg, Borg, Connors, Sampras, Wilander, McEnroe, Hewitt et Safin ont déjà tous décroché un Majeur. Une réputation de « perdant » commence même à balayer les travées des courts.
A quinze ans au centre d’entraînement national suisse, on lui demanda d’écrire son objectif. Il écrivit : « Être d’abord dans le top 10, puis devenir n°1 mondial ». Personne n’y croyait, il n’était même pas le meilleur de sa catégorie d’âge !
Et pourtant…
Avoir des rêves… : « Puis un jour j’ai vu la finale Edberg-Becker de Wimbledon (1988). Et depuis ce jour-là, j’ai toujours pensé : je veux être comme eux ! »
On gravit une à une les marches pour accéder au plus haut niveau, il arrive qu’un jour on en saute deux ou trois d’un seul bond (le déclic…?), puis on reprend l’ascension marche après marche. Ne pas redescendre, éviter la chute, continuer à avancer… Sur cet escalier long et de plus en plus raide, il vaut mieux bénéficier d’une rampe solide. Guide stable qui oriente le regard vers le haut, soutien précieux sur lequel se reposer et continuer à avancer quand on chancelle.
Et cette rampe est constituée de rêves… Et pour que ces rêves deviennent des objectifs réalisables, on retrousse les manches et on utilise les outils adéquats pour forger son destin.

Décryptage
Roger Federer peut tout de même remercier le destin ! Quelle chance de ne pouvoir se contrôler sur un court, de balancer sa raquette, de râler tout le temps…. montrer tout et son contraire, des colères brusques au talent pur !
Et puis un beau jour, c’est la prise de conscience, son implication professionnelle franchit un cap, au-delà du contrôle émotionnel désormais il veut tout contrôler : son jeu, son mental, son image, sa communication… et surtout son ENVIE.
Quitte à perdre en spontanéité, mais la réussite est à ce prix. En moins de deux ans, le jeune chien un peu fou va se muer en un « monstre » (le mot est de lui) de professionnalisme.

Mécanismes
Avoir un rêve, c’est un projet ! La gagne est un projet… de professionnel !
Analyser, Décider, Mobiliser et se Mobiliser pour bien Agir ont été les outils de Roger Federer pour transformer son rêve d’enfant en objectif d’adulte, pour se métamorphoser et pour surmonter les obstacles et continuer durablement à poursuivre ses objectifs.
L’émotivité sera toujours là, comme en témoignent ses pleurs après chaque finale en Grand Chelem, mais elle reste sous contrôle jusqu’au dernier point du dernier jeu.
Alors être un grand champion c’est peut-être avant tout :
Avoir un rêve, être capable d’identifier ses besoins puis donner une direction et une intensité d’effort à ses envies.
Et plus rêves et envies sont importants, plus il sera nécessaire de maîtriser et contrôler, c’est-à-dire savoir piloter cette puissante « machine ».

Questions
Et maintenant après avoir enfin gagné Roland-Garros et dépassé Pete Sampras, ne va-t-il pas perdre cette envie ?
Sa réponse est claire : « Le rêve de Mirka (son épouse), qui est devenu le mien maintenant, est que notre premier enfant puisse me voir jouer… et puis je veux à tout prix jouer le tournoi olympique, ici à Wimbledon en 2012. »
Un autre rêve… alors c’est sûr : « There is no finish line… »

Précautions
Les seuls faits « visibles » ne suffiront jamais à créditer la véracité et la pertinence de ce décryptage. Ce n’est qu’un éclairage différent et spécifique de l’actualité sportive. Il a sa propre réalité objective :
Un avis, pas un jugement
La conscience de ne pas connaître la totalité des informations
Le plus grand respect pour les personnes concernées

R.A.

Diagnostic Performance Individuelle

Formation des entraîneurs

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