PSG, LES 5 DERNIERES MINUTES…

Publié le 8 novembre 2009 par Sylvain Basset | flux rss Flux RSS de l'article

Composante mentale : ENERGIE
Composante mentale : EMOTIONS
Composante mentale : CONCENTRATION

PSG, LES 5 DERNIERES MINUTES...

Séquence
Samedi 7 novembre 2009, 13ème journée de Ligue 1, le PSG s’incline à domicile 0 – 1 face à Nice.

Faits visibles et rapportés
Grégory Coupet
« On peut parler de malchance, mais il faut dire les choses: il y a aussi de la maladresse. Ca fait un moment qu’offensivement, comme défensivement, on n’est pas efficace. Il faut être plus dur entre nous et réagir au plus vite. »

Antoine Kombouaré
« Ca veut dire qu’on est convalescent et qu’il nous reste beaucoup de boulot. Après Sochaux, j’étais content mais vigilant. J’attendais une confirmation. Ce n’est pas arrivé. Nous avons 15 jours pour bien bosser (…) et surtout ne pas perdre face à Marseille dans 2 semaines. »
Très en colère (ses propos) après le match, l’entraîneur parisien a semble-t-il sermonné ses joueurs et exprimé vivement sa colère, ce qui semble être caractéristique de son caractère « impulsif » (relevé par différents joueurs).
Il dira également à quelques propos près « Les grandes équipes savent gagner quand il le faut, les grands joueurs savent le faire ! » Heureusement, Antoine Kombouaré prend la précaution de s’inclure dans le groupe concerné par cette auto-critique !!!… Ou la rupture entraîneur – joueurs serait toute proche car il ne s’agit absolument pas d’une problématique d’orgueil !…

Laurent Perrin, journaliste du Parisien
« C’était écrit, arrivé à 15 minutes de la fin du match, nous savions que le PSG était en situation de prendre un but ! »

Mais, au delà des réactions d’après-match, la presse écrite et télévisuelle stigmatise les ambitions peut-être enterrées du PSG et focalise sur le traditionnel et cruel passage à vide des mois de novembre PSGéens !…  »Aussi vrai que l’hirondelle revient au printemps, la galère revient presque tous les ans au mois de novembre du côté du Parc des Princes » peut-on lire par exemple…

Notre sujet
Nous tenterons avec mesure de comprendre ce qui peut bien se passer au sein de l’équipe du PSG et d’identifier les axes qu’il convient de traiter en priorité.

Fausses pistes…
n°1 La Défense
Les 11 buts encaissés par le PSG en championnat et coupe de la Ligue inquiètent et chacun est tenté d’y aller de son commentaire… Mais peut-on raisonnablement penser qu’il s’agit de l’axe à traiter en priorité ? Et quand bien même s’agirait-il de la priorité, que faudrait-il faire, que faudrait-il dire, comment faudrait-il agir ?… Chacun de nous peut aisément comprendre qu’il faut aller au delà du constat de fragilité – fébrilité et s’interroger sur les causes, les solutions… Et les défenseurs auront beau jeu de dire qu’ils manquent de confiance et que quelques victoires la leur apporteraient !!! Compter sur la CONFIANCE extrinsèque serait renoncer au progrès.
n°2 L’attaque
Si ce n’est la défense c’est donc l’attaque !… Chacun constate la relative inefficacité de l’attaque Parisienne si l’on excepte le match contre Sochaux (4-1). Comment se fait-il donc que les attaquants, pourtant renforcés par la venue de l’ex-sochalien Erding, se trouvent soudainement confrontés à cette « maladresse » justement citée par l’expérimenté Grégory Coupet ?… Maladresse – fébrilité – réalisme… des dimensions si proches… Les attaquants auront beau jeu de dire qu’ils sont fragilisés par une défense fébrile !!! L’excellent Grégory Coupet indique une piste intéressante en invitant ses coéquipiers (le groupe entier) à être plus durs entre eux… Faut-il comprendre « se dire les choses », « se parler sur le terrain », « se rappeler les consignes » ?…
n°3 Tel ou tel Joueur
Le constat d’un PSG loin de la tête du championnat est clair et indiscutable. Comment imaginer qu’un joueur en soit responsable plus qu’un autre ? A la rigueur peut-on concevoir qu’un joueur soit davantage affecté par le phénomène qui semble causer la non réussite du PSG, mais l’en rendre responsable serait tout de même exagéré… Et nous pensons que l’entraîneur a suffisamment de franc parler pour avoir la faculté de recadrer tel ou tel joueur à l’entraînement… Cette piste est à écarter si le but est de favoriser une progression à moyen – long terme.
n°4 Un coup en haut, un coup en bas
Vous lisez ou entendez certainement cette expression connue du langage du spectateur ! « Et alors ? » avons-nous envie de dire !… Et alors que faire de cette phrase ? La considérer comme vérité absolue qui instaure le phénomène des hauts et des bas comme dogme ou réalité indéboulonnable ?… Non, cette expression est caractéristique d’une faille technico-tactique : la non-maîtrise de situations types soumet l’équipe à la capacité de l’adversaire à exploiter cette faille, ce qui donne le « en haut, en bas » au gré de la compétence de l’adversaire…

Décryptage
Nous avons suffisamment d’expérience du haut-niveau pour savoir que le mélange des genres et très nocif pour la haute-performance. Les exemples d’interventions directes de Présidents ou conseillers auprès des joueurs sont multiples et chacun peut imaginer la déstabilisation émotionnelle que cela engendre… Nous prenons aujourd’hui le parti de nous intéresser exclusivement aux processus de réalisation de la performance sportive et aux composantes mentales en présence (qui doit être encadrée et soutenue par la présidence et non ingérée, cela va de soi).
Prenons le temps de rappeler les modèles de travail utilisés par notre société EQUILIBRES.PRO (http://www.la-gagne-est-un-projet.com/modeles/).
Le cadre de réflexion étant posé, l’analyse des faits pose la réalité de manière directe et simple :
- 64% des buts encaissés par le PSG le sont dans le dernier quart d’heure du match,
- 55% des buts encaissés par le PSG le sont dans les 5 dernières minutes du match.
L’observation du journaliste du Parisien est tout à fait exacte : il s’agit de la clef. Et s’il s’agit de la clef, il s’agit d’identifier la manière de remédier à ce problème et d’intégrer des exercices de travail dans les séances d’entraînements à venir… faute de quoi le phénomène se reproduira.

Mécanismes
Niveau de fluidité
Rappelons que le niveau de fluidité résulte du rapport Envie / Raisons d’être.
Nous observons que le doute commence à s’introduire dans l’esprit des joueurs du PSG, ce qui signifie clairement que l’estime de soi des joueurs est en phase de diminution et que l’envie est atteinte. Rien de plus logique, le jeu est associé à l’échec, qui a envie de cela ?…
Mais le niveau de fluidité ne semble pas être la cause directe des performances actuelles du PSG. L’envie est atteinte parce que les performance sont atteintes, et non l’inverse dans ce cas précis. Ce qui signifie que c’est le Triangle de la performance qu’il faut étudier.

Triangle de la performance
Comme nous l’avons rappelé récemment (article sur B. Joubert), la performance en compétition résulte de la règle : Support de concentration + Ancrage + Juste émotion.
Rappelons également que la CONCENTRATION optimale est obtenue dès lors que l’ENERGIE est justement mobilisée et que le juste niveau EMOTIONNEL est atteint.
La situation à traiter est clairement identifiée : il s’agit de la re-concentration en fin de rencontre, précisément dirons-nous dès la 75ème minute. En langage EQUILIBRES.PRO, nous dirons qu’il s’agit de la phase CONCLURE du processus JOUR J.
Les hypothèses concernant le PSG sont donc les suivantes :
Hypothèse 1 : la difficulté à se reconcentrer en fin de rencontre est due à la fatigue (ENERGIE), ce qui dans ce cas invite le PSG à s’interroger sur la préparation physique et sur le programme d’entraînement type de la semaine. Ne pas balayer cette hypothèse trop rapidement, les images des joueurs du PSG en fin de match montrent des difficultés qui peuvent signifier la fatigue. Seuls les joueurs peuvent exprimer leur ressenti.
Hypothèse 2 : une mécanique EMOTIONNELLE s’est mise en place. Elle pourrait se déclencher à l’approche de la fin du match et éveiller le réflexe « J’espère qu’on ne va pas perdre » ou « Je sens que ça va recommencer » ou que sais-je encore… Ce qui signifie que la peur s’installe et qu’elle fait le lit de la fébrilité. Et vous savez maintenant qu’il est impossible de se concentrer sur du vide, comment se concentrer sur « ne pas perdre » ?… C’est ici que le travail est intéressant : programmer à l’avance le mot-clé ou le repositionnement type ou le rappel de consigne au passage de la 75ème minute est de toute évidence l’axe prioritaire de progrès.
Hypothèse 3 : la tactique est définie avant le match mais manque de précision sur la fin de match. Ce pourrait être « A la 75ème minute, si le score est nul ou si (…), alors appliquer le plan X ». Cette hypothèse est complémentaire à la seconde. Précisons qu’il convient de définir à l’avance le porteur de la consigne (ou les porteurs si la communication se fait par lignes ou couloirs). La transmission et l’application de la consigne peuvent également être favorisés par l’entrée en jeu d’un remplaçant cadre à la 75ème minute. Rappelons enfin qu’une consigne doit être tournée vers l’action propre (où je vais, ce que je regarde, comment je me comporte…)
Quelle hypothèse retenir ? 2 solutions que sont le dialogue ouvert ou plus objectivement le diagnostic http://www.mydpi.fr/.

Questions
Quelle consigne est donnée par A. Kombouaré lors du briefing concernant la fin de match ?
A quel moment précis les joueurs ressentent le basculement dans la peur et la fébrilité ?
Comment les joueurs imaginent-ils qu’il faudrait faire pour permettre la re-concentration ? Qui devrait être à l’origine de cette re-concentration ?
La vidéo est-elle utilisée pour identifier précisément le facteur déclenchant ? Croyez-moi ou non, une situation type répétée existe et favorise le basculement !

Le mot de la fin
« Le combat, jusqu’au bout ! »
« Oublier la seconde écoulée, se concentrer sur la seconde à venir !… »
Il ne s’agit pas de la fatalité de novembre du PSG ! Il s’agit d’une problématique hyper intéressante qui nécessite le partage total entre les joueurs et l’entraîneur…
Il s’agit peut-être du vrai point de départ des performances à venir du PSG !
A tout le staff et à tous les joueurs du PSG : Allez-y, foncez, dites ce que vous ressentez lors de cette fin de match et définissez l’avenir !

S.B.

Diagnostic Performance Individuelle

Formation des entraîneurs

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Publié dans Football  
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