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A côté de l’analyse, en marge de l’étude de cas, les spectateurs que nous sommes…
Ils l’ont fait !… Presque me direz-vous, presque…
Il y avait rien et tout à la fois dans ce relais…
Il y avait ce relais de Turin aux portes d’un paradis…
Il y avait ceux qui étaient sur la piste et ceux qui en ont été par le passé, il y avait l’équipe de France et plus encore…
Les larmes de Vincent Vittoz…
Toz le pro, qui le voulait ce truc, ce truc que nous espérions pour lui, pour eux…
Ce truc que nous avions écrit, espéré…
Une histoire d’hommes, d’Hommes…
Non seulement il y avait ce tout et ce rien… ILS Y ETAIENT !
Y ETRE, c’était bien là la clé, Y ETRE !… Totalement, pleinement, non pas parce qu’il ne « fallait pas se louper », non pas parce que c’était une des « der de Vittoz », non pas pour oublier la chute de Miranda dans le relais sprint, non pas parce qu’il fallait tourner la page de la déception Turinoise, non pas parce la quête commençait à être longue… Non, simplement y être, pleinement engagés dans l’action, après avoir pris le soin d’une préparation certainement exemplaire.
Ils y ETAIENT et ils ont FAIT !
Bien évidemment il y avait l’ENVIE, mais il y avait beaucoup plus que cela, il y avait une ENVIE partagée et orientée vers l’action, une envie partagée par un staff, des techniciens de très haut-niveau et des athlètes sérieux, rigoureux, attentifs…
Tout y était, pour les spectateurs et pour les analystes aussi… La partie d’efforts et d’échecs pouvait s’engager…
La stratégie, l’ordre des départs, une des clés…
Un Jean-Marc Gaillard posé, patient puis énorme lors d’une accélération venue d’un autre temps… Une accélération telle que le « rouge » l’a emporté sur la lucidité et la chute s’en est mêlée… Mais un Jean-Marc Gaillard qui se reconcentre vite, très vite et parvient à refocaliser sur l’action, sur l’essentiel, rentrer dans le 1er groupe…
Un Vincent Vittoz capable de se mobiliser et d’accélérer à son tour au juste moment, capable de contenir Bauer, capable de donner le plus profond de son engagement… Toz le pro, jusqu’au bout, Toz à poursuivre jusqu’à encourager, porter de la voix le 3ème relayeur français Maurice Magnificat…
Un Maurice Magnificat, lucide, utilisant chaque possibilité de récupération, expirant chaque parcelle de cet effort long et violent, lancé dans un remake du 15 km Libre, optimisant chaque bribe de cette précieuse énergie, préservant les émotions d’un athlète en proie à « l’intox » de l’équipe suédoise, seul…
Une trentaine de secondes d’avance au départ du 4ème et dernier relais…
Et vite, très vite, un Manu Jonnier confronté à la décision hautement stratégique, difficile, ardue après l’attaque de Hellner…
- mener pour tenter de contrer le retour de Northug… mais prendre le risque de ne plus avoir l’énergie suffisante pour le sprint…
ou
- attendre le retour de Northug et miser sur le sprint… mais prendre le risque de la 4ème place…
Manu a mené, Northug est quand même revenu, Manu était « au taquet », Koukal ne l’était pas… 4ème, 4ème, 4ème… comme à Turin.
Une tragédie, un drame au sens noble et généreux du sport, une histoire d’Hommes…
Une histoire triste, mais une histoire noble…
Une histoire d’hommes qui ont analysé, décidé, se sont mobilisés et se sont totalement engagés…
Toz qui pleure, Toz, profondément humain…
Et « Vlan ! »… Les Norvégiens sont entrés dans la zone de passage de relais avec 2 paires de skis ?… Alors que le règlement l’interdit ?!…
Presque, à une paire de skis près…
Si c’est vrai, s’ils l’ont fait, c’est autre chose qu’une médaille qu’ils ont arraché, c’est un instant de vie qu’ils ont faussé…
Si c’est vrai, s’ils l’ont fait, c’est que l’équipe de France est forte, très forte, qu’elle pousse à la faute et impose le respect…
Le truc,
Ici nous avons choisi, quelle que soit la suite, Jean-Marc, Vincent, Maurice et Manu, vous l’avez fait le truc !…
Des larmes… Le truc, c’était peut-être aussi cela, vous révéler pour ce que vous êtes, des Hommes.
Sylvain Basset
Publié dans
JO VANCOUVER, Ski de fond
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