JO VANCOUVER – LES COULISSES DU SAUT

Publié le 13 février 2010 par Sylvain Basset | flux rss Flux RSS de l'article

JO VANCOUVER - LES COULISSES DU SAUT

Séquence
Vancouver, ouverture des Jeux Olympiques d’hiver 2010, saut à ski…
Emmanuel Chedal avec un bond à 102 m, Vincent Descombes-Sevoie avec 100,5 m et David Lazzaroni avec 97,5 m sont qualifiés pour la première manche du concours qui débute aujourd’hui… Alexandre Mabboux n’a pas franchi le cap mais il a appris, tant appris car tant à capitaliser pendant une telle épreuve, belle suite à lui.

Faits visibles et rapportés
Les Jeux Olympiques d’hiver débutent, ça y est ! Nous y sommes, les athlètes y sont !… Et nous avec eux, autour d’eux, au bord de la piste, au pied des tremplins, devant les écrans, engloutissant les plus jolis articles, accrochés aux flashes d’information…
Et c’est avec les « hommes-volants » qu’ils débutent !… Rien moins que ces extra-terrestres, les sauteurs à ski.
Le saut à ski, présent dès les premiers Jeux Olympiques d’hiver en 1924 cristallise les passions dans les pays nordiques, fascine par ce qu’il représente…
Et même s’il est parfois ignoré en France, même si les noms des sauteurs français restent méconnus, nous rêvons toutes et tous devant ces hommes qui volent « pour de vrai » !…

Notre sujet
Tentons ensemble d’utiliser cette discipline hautement spécifique pour dépasser le miroir…
Tentons ensemble d’aller au delà du stress de l’avant vol, au-delà de nos frissons et de ceux des sauteurs… (nous y reviendrons plus tard et dans l’attente nous vous conseillons le très bel article du blog du Monde sur ce thème)
Tentons d’explorer les coulisses du saut, les coulisses de l’exploit au travers de notre grille de lecture habituelle !
Qu’y a-t-il derrière cet évènement « flash » ?
Qu’y a-t-il derrière cet acte que d’aucuns appellent inconscience ?
Quelle est la recette de l’exploit ?

Fausses pistes…
n°1 : l’inconscience du sauteur : la tentation est grande pour certains de prendre le plus grand des raccourcis et de résumer la performance des sauteurs au concours des plus inconscients ou des « frapadingues » (je cite !). Bien au contraire, il s’agit d’un exercice aigü de conscience et de conscientisation des éléments internes et externes. Il s’agit de la maîtrise de multiples paramètres. Il s’agit justement de se frayer un chemin entre la peur et l’effroi… Place au savoir-faire des meilleurs !
n°2 : seul le poids : depuis longtemps déjà, les sauteurs ont compris l’intérêt à réduire leur poids pour améliorer la qualité et la longueur de leur vol. Nous n’alimenterons pas ici les polémiques sur les dérives constatées (taux de masse grasse inférieurs à 19, cas d’anorexie volontaire, dépressions…), ce n’est pas notre objet. Arrêtons-nous simplement à écrire que ces dérives révèlent à elles seules qu’il existe une limite, un seuil et que le poids ne saurait être la seule clé de l’exploit.
n°3 : seule la technique : les quelques 30 secondes d’attente, de glisse, d’impulsion, de vol et d’atterrissage sont un véritable concentré de technique à l’état pur. L’apparition du V montre d’ailleurs à quel point les recherches ont été fondamentales, un clin d’oeil au skating en ski de fond… L’enchaînement des gestes favorisant la glisse, la vitesse, l’impulsion, l’aérodynamisme, la portance, l’atterrissage… nécessite des centaines d’heures d’entraînement et d’utilisation de techniques diverses (vidéo, imagerie mentale, soufflerie…). Atteindre 90-100 km/h au bout du tremplin ne s’improvise pas ! Quand bien même vous vous décideriez à « engloutir » ces centaines d’heures, elles ne suffiraient pas !
n°4 : seul le physique : de manière évidente le physique joue un rôle. Au delà de la notion de poids citée plus haut et visible sur les images des sauteurs (ne serait-ce que sur leur visage), puissance, force, tonicité et explosivité se doivent d’être au rendez-vous. Mais encore une fois, le physique sans le reste…
n°5 : seul le « mental » : il est également courant d’entendre l’expression « tout est dans la tête ! ». Vous savez certainement combien j’attache de l’importance à « la tête » (sic) mais la meilleure tête du monde n’aurait pas les facultés pour sauter depuis un tremplin si le reste est chez le voisin !
n°6 : seule la technologie : combinaison, skis, longueur de skis, fartage… quelques paramètres d’importance ont une influence directe sur la performance du sauteur. Mais Janne Ahonen, l’une des plus grandes figures du saut à ski, vous offre son matériel, pas sûr que vous soyiez à l’aise :-)

Approche possible…
La question qui se pose à nous dans le cadre de cet article, aux staffs et sauteurs dans le cadre de leur préparation est la suivante : comment gérer de front les différents paramètres du projet sportif ? Comment gérer les paramètres cités dans les fausses pistes, lesquels constituent à eux tous les coulisses du saut ? Comment les gérer qui plus est tout au long d’un projet qui parfois dure jusqu’à 4 ans si l’on se réfère à la périodicité Olympique ? Et s’il fallait davantage corser la tâche avec des entraîneurs interchangeables ?
Cette question se pose à l’ensemble de la planète sportive dès lors qu’il y a recherche de performance.

Tout d’abord, vous conviendrez que le positionnement d’un objectif de résultat (exemple : médaille olympique dans le cas qui nous intéresse) implique la connaissance du niveau de performance à atteindre le Jour J dans les différents domaines PHYSIQUE – TECHNIQUE – MENTAL – TECHNOLOGIQUE – PROCESSUS (Organisation).
Et cet objectif n’est atteignable que si l’athlète a connaissance de la situation initiale, et que le plan d’action (ou de progrès) s’avère réaliste !
Ce qui nous amène donc au fait que le staff et l’athlète doivent gérer :
- la définition de l’objectif
- les 5 composantes de base d’un projet sportif (citées ci-dessus)
- la situation initiale dans les 5 composantes
- la situation finale souhaitée dans les 5 composantes
- la planification de l’évolution des composantes pendant la durée du projet
- les 20 processus de la performance

Complexe ? Certainement oui. Insurmontable ? Certainement non.
Se pose simplement le choix auquel tout entraîneur est confronté : « laisser aller » et prendre le risque de ne réagir que trop tard aux dérives (subir) ou structurer le projet à l’aide d’un tableau de bord et s’obliger à des jalons décisionnels planifiés (piloter).
La plus sûre manière d’atteindre l’objectif est évidemment la seconde solution, vous l’aurez compris. Et cette solution est loin d’être ingérable, elle relève d’une compétence insuffisamment développée dans les cursus d’entraîneurs : le management. Raison pour laquelle nous proposons les formations que vous connaissez peut-être.

Décryptage
Qu’est-ce qu’un tableau de bord ?
A l’instar du tableau de bord de voiture, le tableau de bord contient différents domaines et indicateurs.
A la différence du tableau de bord de voiture, il ne s’agit plus d’huile, de compte-tour, de vitesse, de température, encore que !…
Il s’agit des 5 composantes du projet PHYSIQUE – TECHNIQUE – MENTAL – TECHNOLOGIQUE – PROCESSUS auxquelles vous prendrez soin de rattacher les indicateurs clé (par exemple PUISSANCE – FORCE – TONICITE – EXPLOSIVITE – POIDS pour la composante PHYSIQUE dans le cas qui nous intéresse) ainsi que les unités de mesure.

Comment fonctionne un tableau de bord ?
Un tableau de bord performant indique :
1. la mesure du niveau. Exemple : Domaine MENTAL / Composante EMOTIONS / Evaluation 3.2 selon le DPI
2. la tendance. Suis-je en progression, en régression ou suis-je stable ? 3 niveaux de couleur et de flèches suffiront à vous donner les clés.

Comment utiliser un tableau de bord ?
Mettre à jour les indicateurs à une fréquence choisie (mensuelle ou hebdomadaire selon les périodes) et planifier les temps d’ANALYSE et de DECISION.
Etablir un carnet d’entraînement réellement cohérent sera beaucoup plus aisé sur la base d’un tableau de bord clair !
Il devient alors simple ( »un jeu d’enfants » selon Patrick Blanc, ex entraîneur des équipes de France de ski alpin) de planifier les passages en revue des indicateurs pour confirmer ou ré-orienter le plan d’entraînement au sens large.

Ce n’est pas seulement simple, c’est tellement plus serein et performant ! Tellement favorable pour l’exploit !…

Le mot de la fin
Nous avons simplement eu plaisir à nous appuyer sur le superbe exemple du saut à ski pour vous dévoiler un axe stratégique fort de la performance sportive : la gestion de projet et son tableau de bord.
Nous avons simplement voulu rendre hommage à l’immense travail de fond que les meilleurs-es ont su accomplir, dans le seul but de la conquête du Graal. Un Graal que chacun rêve à sa mesure, un Graal que les sauteurs iront chercher aujourd’hui, vendredi 19, samedi 20 et lundi 22…

Ce que EQUILIBRES.PRO et MYDPI peuvent vous apprendre de plus sur le sujet abordé aujourd’hui
1. Formation Entraîneur – Manager (23 jours répartis sur 12 mois ou à votre convenance en formule INTRA)
2. Catalogue complet de formations
3. Coaching : mise en place du tableau de bord à vos côtés.
4. Mydpi.fr : évaluation des composantes mentales pour alimenter le tableau de bord et orienter les actions.

Sylvain BASSET

Diagnostic Performance Individuelle

Management et préparation mentale pour votre performance

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