JO VANCOUVER – BIATHLON – LE CHAUD ET LE FROID

Publié le 14 février 2010 par Sylvain Basset | flux rss Flux RSS de l'article

Composante mentale : ENERGIE
Composante mentale : EMOTIONS
Composante mentale : CONCENTRATION

JO VANCOUVER - LE CHAUD ET LE FROID (biathlon)

Vous aimez le biathlon, vous le découvrez peut-être mais vous l’aimez déjà…
Vous êtes là, devant votre télévision ou au bord de la piste…
Vous êtes là, à hurler, encourager, taper des pieds, serrer les dents, attendre…
Vous êtes là, à hurler pendant ses passages en ski de fond…
Vous êtes là, à respecter le silence le plus complet quand votre protégé-e débute son tir…
Tout cela semble logique, naturel : le chaud de l’effort intense et le froid du tir…
Et au biathlète de se débrouiller avec cela !…

Comment font-ils (ou elles) ? Comment font-ils pour passer du chaud (effort intense) au froid (calme et « sang froid ») ?

Certain(e)s diront qu’en biathlon rien n’est jamais acquis, qu’en biathlon si l’on a une faiblesse, il est impossible de s’en séparer ou alors que le tir debout est inné mais quasi impossible à améliorer !… Pourquoi donc en serait-il ainsi du biathlon au contraire de toute autre activité humaine ? Pourquoi donc ?
Il s’agit ici sans aucun doute possible d’une fausse piste, d’une croyance limitante, à ne surtout pas enseigner aux jeunes athlètes !
Car tout se travaille et personne n’est né-e en sachant produire un effort violent à 180/190 pulsations / minutes et quelques secondes plus tard entamer un exercice de tir à 50 m sur une cible de 4 ou 11 cm, personne…

Alors comment font-ils ?

Le manager vous expliquera que la 1ère des choses consiste à justement les poser (les choses !). Quel est l’état A et quel est l’état B ?
Quel est l’état A du skieur et l’état B du tireur ?
Et la difficulté commence déjà, car les besoins des biathlètes diffèrent y compris dans la phase du tir. Si certains ont besoin d’être agressifs dans cette phase, d’autres aspirent au calme absolu. Pour les besoins de l’article et de son aspect pédagogique, nous considèrerons la seconde option.
Etat A
Lieu : Piste de ski de fond
Position : Debout, enfin presque !
Action : Skating (à quand le retour du classique ? oops ce n’est pas le sujet !…)
Activation : Effort violent, long, fatiguant et mobilisant
Attention : Centrée sur l’action technique de skier, d’utiliser son savoir-faire technique pour exploiter au mieux le profil du parcours
Ancrage : Très différents d’un(e) athlète à l’autre, bruit des skis, sensations kinesthésiques, battements du coeur dans les tempes…
Positionnement « actif » du staff : Le long du parcours, principalement aux fins de renseigner le biathlète sur les écarts de temps
Risques : Matériels (casse de bâton, de la carabine en cas de chute…), sur-régime, fartage inadapté… Nous ne listerons pas tous les risques, le logiciel que nous utilisons montre la largeur du spectre à lui seul !

Etat B
Lieu : Pas de tir
Position : Alternativement couché et debout
Action : Tir
Discours interne : Variable évidemment mais essentiellement tourné vers la recherche du calme
Activation : Calme, sérénité et détermination
Attention : Centrée sur l’action technique de tirer, la position, le rythme du tir, le check d’avant-tir…
Ancrage : Très différents d’un(e) athlète à l’autre, mais les sensations kinesthésiques sont souvent la clé (position, appui au sol, toucher de carabine…)
Positionnement « actif » du staff : Derrière la jumelle, pour recueillir l’information sur la qualité du tir et la transmettre aux « chronos » de l’équipe
Risques : Mauvais réglage de la carabine, vent, neige, stabilité des appuis (jambes qui tremblent) et état émotionnel inadapté au tir (excitation, ventilation forte)

Le manager vous dira donc que les 2 risques prioritaires à gérer pendant la phase du tir (et du ressort de l’athlète) sont les risques de ne pas atteindre les états énergétique et émotionnel adaptés au tir (et vice versa quand il s’agira de repartir). Risque car ce sont ces deux composantes énergétique et mentale qui déterminent votre capacité de concentration (évaluées dans l’outil mydpi.fr).
Et de toute évidence ces risques sont à gérer en grande partie dans la phase qui précède immédiatement l’état B.

Et alors ?
Et alors le travail du préparateur mental débute… en étroite collaboration avec l’athlète, le staff, l’entraîneur…
La clé réside dans l’action de transition entre les 2 disciplines, à savoir identifier et mettre en place la séquence qui permettra au skieur d’entrer dans l’état du tireur.
Un peu à la manière du tennisman qui doit se re-concentrer sur l’action après un point acharné et avant de servir…
L’art de traverser ces 25-30 secondes, l’art de créer sa propre routine de concentration, l’art d’utiliser cette distance et ce temps pour favoriser l’efficacité…
Il y a déjà ici une clé, négliger ce temps, c’est assurer l’échec, aucune solution alternative…
Les clés suivantes résident donc dans les paramètres constitutifs de la routine de concentration.
Qu’est-ce que l’athlète va faire dans chacun des domaines pour favoriser et accélérer la transition ? Voici un exemple :
Lieu : Très important ! La séquence de transition débute à compter d’un lieu précis, qui peut être repéré à l’aide d’un fanion, d’un visuel significatif pour l’athlète. Ce lieu se repère, se reconnait, s’identifie, se teste, varie forcément d’une épreuve à l’autre selon le profil du parcours ou du pas de tir, la forme de l’athlète…
Position : La nécessité d’expirer profondément s’accompagne nécessairement d’un changement de position à la fois symbolique et utile mécaniquement
Ancrage : Ôter les bâtons, relever les lunettes, ôter un gant…
Discours interne : Variable évidemment d’un athlète à l’autre mais tourné vers l’état visé « Coeur, descends ! », « Je souffle », « Je suis tranquille », « Je détends mes muscles »… Ce discours débute lors du passage au lieu de référence. Il favorise l’enclenchement de la routine de concentration automatisée et répétée à l’entraînement.
Action : Relâchement maximal, expiration, imagerie mentale référence calme, approche du lieu de tir, le regard ne doit pas anticiper l’action, en d’autres termes rien ne sert de regarder la cible dans cette phase de transition, cela créerait un stress car l’état d’activation n’est pas encore compatible avec l’action de tirer…
Les images de Marie Dorin lors du 7.5 kms sprint étaient à ce titre exceptionnelles ! Regardez !
Activation : Passage en meta (où en suis-je ? Quel est mon niveau d’activation à l’instant présent ?…) et orientation vers la sérénité
Attention : Centrée sur soi et ses sensations puis progressivement orientée sur les 1ères actions de l’avant tir (port de la carabine, respiration, positionnement…)
Positionnement « actif » du staff : Le staff peut parfois jouer un rôle de déclencheur, favoriser le départ de la séquence, de la routine de concentration
Risques : 2 risques majeurs à savoir ne pas connaître sa propre routine de concentration (sic) et ne pas l’enclencher (plus fréquent qu’il n’y parait, surtout dans les épreuves groupées…)

Nous répétons ce que nous avons écrit plus haut, la séquence citée n’a rien d’une recette magique applicable à tous puisqu’elle doit être le résultat de l’écoute de l’athlète tout comme elle doit être écrite et « debriefée » après chaque compétition. Mais elle a au moins le mérite de vous expliquer les paramètres à gérer.

Cette rubrique est un encouragement à l’attention de toutes celles et ceux qui aspirent à progresser dans la discipline du biathlon.
Souvenez-vous toujours que l’art du biathlon est d’enchaîner 2 disciplines et que l’une des clés réside dans votre capacité à gérer leur enchainement, pendant ces secondes qui font la différence ! Ces secondes que vous devez transformer en « éternité » pour parvenir à vous isoler et modifier votre état.

Faites-vous filmer, osez debriefer après vos courses, osez mettre des mots sur ce que vous avez ressenti et pensé pendant ces enchaînements !
Là est une autre étape, il est « facile » d’analyser un échec, mais moins dans les habitudes d’analyser un succès…

Sylvain BASSET

Comment EQUILIBRES.PRO et MYDPI peuvent vous aider sur les sujets abordés
1. Formation JOUR J : mise en place d’un référentiel émotionnel. SPORT / ECOLE.
2. Formation Imagerie Mentale : maîtriser les techniques d’imagerie mentale.
3. Coaching : mise en place du processus de concentration à vos côtés.
4. Mydpi.fr :  identifier précisément la composante mentale à améliorer en priorité et les outils adaptés…

Diagnostic Performance Individuelle

Management et préparation mentale pour votre performance

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Publié dans Biathlon, JO VANCOUVER  
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