JO VANCOUVER – JUGES SOUS INFLUENCE ?…

Publié le 16 février 2010 par Sylvain Basset | flux rss Flux RSS de l'article

Composante mentale : EMOTIONS
Composante mentale : CONCENTRATION

JO VANCOUVER - JUGES SOUS INFLUENCE ?...

Séquence
Nous y sommes, la voilà cette première polémique sur l’impartialité des juges pendant la compétition, et quelle compétition ! Les Jeux Olympiques ! L’équipe olympique australienne remet en cause la victoire de Alexandre Bilodeau lors de l’épreuve des bosses, certaine que le titre aurait du revenir à Dale Begg-Smith. Les mots, les fauves mots sont lâchés, tout y passe, Bilodeau est le premier athlète canadien à remporter une médaille lors de J.O. organisés dans son pays, sous-entendu que les juges ont été influencés et l’ont « sur-noté »… Et l’attente était forte chez les canadiens…

Faits visibles et rapportés
Soyons honnêtes, nous n’avons absolument pas la compétence technique pour poser un regard proche de l’objectivité sur les notes. Nous nous contenterons simplement d’énumérer les faits…
- Le Canada n’a jamais remporté de médaille lors de JO organisés « à la maison »
- La presse canadienne (lisez !…) attend, attend… craint la « malédiction » (sic !)
- Le Canada est une nation forte du ski acrobatique, elle l’a toujours été
- C’est le JOUR J, le jour de l’épreuve des bosses
- Le public, la foule que dis-je est totalement acquise à la cause des bosseurs canadiens (bien légitime non ?), elle hurle
- 1er run : Guilbaut Colas est en tête, Alexandre Bilodeau 2ème, Dale Begg-Smith 4ème
- La foule est toujours là !!!
- 2ème run : les juges finlandais et norvégien accordent une note de 4.8 et 4.9 en virage à Alexandre Bilodeau, lequel prend la première place
- Geoff Lipshut, un des dirigeants de l’équipe australienne, avance « Mon opinion personnelle est simplement qu’Alexandre Bilodeau n’est pas capable d’effectuer des virages valant une note de 4.8 et 4.9″
- La polémique enfle… Protêt ?

Notre sujet
Quelle est la vérité ?
Les juges ont-ils été influencés ?

Fausses pistes…
LA VERITE. Balayons cette option au risque de surprendre une partie de nos lecteurs-trices ! La vérité n’existe pas, elle n’est que le résultat de notre construction, de notre manière d’appréhender le monde, de percevoir un évènement, d’observer les autres, de « juger » l’autre. Là commence l’antagonisme et c’est bien pour cela que plusieurs juges jugent !… Parce que la vérité n’existe pas et que le mieux que nous puissions faire, c’est chercher le « juste » équilibre. Chercher à « avoir raison » n’a jamais été source de victoire, bien au contraire, c’est une rigidité contraire au progrès…
Corruption. Si ce phénomène existe, ne soyons pas naïfs tout de même, c’est une erreur de plonger sur une telle explication au premier abord ! Ce serait une vision manichéenne du sport, des hommes, du monde… Ce serait croire qu’il y a le bien et le mal… le noir et le blanc…

Approche possible…
Une approche de la problématique est envisageable au travers des processus de la performance.
Car l’influence fait partie des processus, et si elle en fait partie, c’est parce qu’elle joue un rôle qui mérite que l’on s’y penche…

Décryptage
Les polémiques sur l’influence ont toujours existé et continueront encore d’exister, croyez-nous ! Les exemples sont innombrables, partout, dans le sport comme dans l’entreprise, partout. Combien de matches de boxes ont apparu être truqués ? Combien de compétitions de patinage artistique ont suscité l’amertume ? Combien d’escrimeurs ont critiqué l’arbitrage ? Combien de sprinteurs ont souffert de l’attitude du starter ? Sans parler des décisions « contestables » d’arbitres de football ?
Pourquoi donc cela ? A cette question, les plus compréhensifs diront peut-être que ce ne sont que des femmes ou des hommes, et ils auront raison… Ce ne sont que des femmes et des hommes, qui ont un objectif comme les athlètes ont le leur : noter la performance des athlètes au travers d’une grille de critères pré-établie. La seule méthode qui puisse prévaloir au même titre que pour l’athlète est celle du micro-projet : ANALYSER – DECIDER – MOBILISER – AGIR…
Et alors ?… Et alors n’avez-vous jamais observé que l’influence est un jeu permanent entre les athlètes ? Conscient ou inconscient, ce jeu est permanent… Le nageur qui toise du regard ses adversaires dans la chambre d’appel, les sauteurs qui cohabitent tout là-haut dans la cabane de départ, le boxeur qui soudain baisse les bras, le tennisman qui sert à la cuillère, l’équipe de foot qui de manière magique réussit mieux à la maison (!) ou « taquine » l’adversaire dans le couloir des vestiaires… L’influence est partout… Pourquoi donc les juges y échapperaient-ils ? Ce sont des femmes et des hommes comme vous et moi.

Mécanismes
La performance de l’athlète, de l’arbitre ou du juge nécessite une approche managériale forte (un projet avec la gestion intégrée de tous les paramètres de la performance) et une approche mentale de qualité (composantes mentales RAISONS D’ETRE – ENVIE – EMOTIONS – ENERGIE – CONCENTRATION). « Tout pareil » comme disent les enfants, oui tout pareil, le niveau de performance des juges dépend de leur faculté à gérer les paramètres. Oubliez de croire que tous sont identiques, pourquoi donc y aurait-il une sélection des arbitres avant la coupe du monde de football par exemple ?…
La mission du juge est nette : il doit être capable de prendre la meilleure décision au juste moment (tout pareil nous vous avons dit !). Cette décision nécessite une grande lucidité, laquelle résulte de sa gestion émotionnelle (être dans l’état qui favorise cette disponibilité) et de son attention sur le juste support (en fonction de la discipline). Ce qui nous amène en résumé à la formule : EMOTIONS adaptées + CONCENTRATION adaptée = DECISION lucide.
L’environnement joue donc un rôle essentiel et la faculté de l’individu à se centrer sur sa propre routine fera la différence. Il joue un rôle essentiel car il est un réservoir infini de déstabilisations émotionnelles qui vont perturber la concentration et de fait altérer le jugement, la décision. Vous l’avez certainement déjà éprouvée l’impossibilité à décider dès lors que vous êtes déstabilisé(e)…
Alors bien sûr la presse canadienne a exercé une influence, bien évidemment la foule a joué un rôle direct sur le plan émotionnel, bien sûr le bosseur qui arrive en levant les bras, fou de joie est un facteur d’influence…

Le juge est une femme ou un homme, à sa manière c’est un athlète…
Avant de l’accuser d’incompétence ou de malhonnêteté, observons plutôt sa manière de conduire son projet, de préparer son évènement…
Eux le savent, les juges, « s’ils ont fait le job jusqu’au bout », savent s’ils étaient dans l’état le plus favorable à la décision ou s’ils étaient véritablement fluides pendant leur Jour J…
A eux de réaliser leur auto-analyse, de debriefer et de construire leur référentiel émotionnel pour assurer la reproductibilité de leur performance.
Aux athlètes et aux staffs d’inclure les juges et arbitres dans leur gestion des risques, car après la note, c’est trop tard ! N’est-ce pas chers australiens !…
La gestion des risques, il va falloir que nous abordions le sujet, car il y a à dire…

Arrêtons de clouer les juges au pilori, s’ils ont envie de progresser, formons-les !

Le mot de la fin
Comme toujours, cette rubrique n’a aucune prétention à détenir la vérité, laquelle n’existe pas !… Il s’agit simplement de vous apporter un regard différent, peut-être de vous encourager à oser analyser, comprendre davantage pour progresser et faire progresser les athlètes et aujourd’hui les arbitres, les juges…

Ce que EQUILIBRES.PRO et MYDPI peuvent vous apprendre de plus sur le sujet abordé aujourd’hui
1. Formation JOUR J : réussir le JOUR J
3. mydpi.fr – Diagnostic Performance Individuelle – Evaluation des 5 composantes mentales et fiches pratiques adaptées

Sylvain BASSET

Diagnostic Performance Individuelle

Management et préparation mentale pour votre performance

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