JO VANCOUVER – GRANGE, UNE PENSEE POUR L’ABSENT…

Publié le 26 février 2010 par Sylvain Basset | flux rss Flux RSS de l'article

JO VANCOUVER - GRANGE, UNE PENSEE POUR L'ABSENT...

Jean-Baptiste Grange ne sera pas de la fête, la fête de demain, celle du slalom…
L’homme de Valloire, joli village situé au pied du Galibier, n’en sera pas de ce slalom Olympique. Blessé aux ligaments en début de saison, le slalomeur, le magicien de la neige a préféré miser sur l’avenir, préserver sa santé pour voltiger plus encore, plus tard…
Comme de nombreux skieurs français, il a choisi la voie de la confiance, il a confié ses précieux genoux au professeur Chambat, l’homme de confiance des skieurs français…
J’ose ici remercier cet homme qui a touché 3 fois les miens, un homme… vrai.

Il a décidé Jean-Baptiste, au plus près de lui-même et de ses convictions, il a analysé froidement la situation et décidé qu’il valait mieux marquer la pause maintenant plutôt que de prendre le risque de poser définitivement les skis…
L’âge, le talent, les rêves, la sagesse… tant d’éléments ont du peser dans cette décision…

Les affres de la blessure, pourtant tellement courante à ce niveau de compétition (ne murmure-t-on pas que près de 30% des skieurs la connaissent ?), sont un instant de vérité, peut-être la seule vérité qu’il convienne de prendre en compte, celle du soi profond.
Celle du soi, et nous voici face à la belle question de la chance, à la question de la blessure qui « rend plus fort ! »…

La blessure rend-elle plus fort ?
La blessure est froide, violente même…
Certains signes peuvent être avant-coureurs, mais ce n’est pas le thème du jour, pas notre préoccupation du moment…
En une fraction de seconde et quelques jours de prise de conscience, elle vient amputer l’athlète d’une partie de lui-même, d’une part de ses raisons d’être, de ce qui le fait vibrer, vivre un peu, beaucoup, passionnément et plus encore… En quelques jours l’athlète possède une nouvelle « compagne », la blessure…
Certains s’en remettent, en sortent grandis, plus forts, transformés…
D’autres en demeurent meurtris, amoindris, réduits, immensément fragilisés et ne reviennent jamais…

Quelle est donc la différence entre eux ? Quels sont les paramètres de la performance dans ce processus de gestion de la blessure ?
La blessure marque une rupture dans la vie de l’athlète, dans son rythme quotidien…
La blessure annihile les perspectives de l’athlète souvent pour l’ensemble de la saison à venir, et sèment le doute, le trouble pour la suite…

La blessure est un instant de vérité, elle est un révélateur implacable des femmes et des hommes dits « équilibrés » ou pour le moins solidement ancrés. Elle confronte l’athlète à lui-même, à ses points d’appui (famille, profession, loisirs…), à ses racines profondes. Dans ces instants-là, ce n’est plus l’envie qui fait la différence, mais la capacité de chacun à retrouver des points d’appui solides et ô combien précieux, des points d’appui qui feront son quotidien souvent pendant de nombreux mois. Et il y a ici une richesse insoupçonnée, il y a ici l’occasion d’explorer d’autres horizons qui enrichiront l’athlète, lui apporteront de nouveaux savoir-faire qui à leur tour participeront à son renforcement, à sa stabilité. Des savoir-faire qui élargiront sa base pour lui permettre de grimper plus haut plus tard… La capacité à appréhender la blessure comme l’opportunité de grandir, de s’entraîner autrement…
Dans ces moments-là, l’entourage joue un rôle capital, non pas parce que c’est un lieu commun si souvent répété mais parce qu’il a la capacité à encourager l’athlète à élargir ses objectifs, à oser explorer de nouvelles voies, oser se poser… Il ya 10′000 choses à faire pendant une blessure et plus encore… S’aimer et oser être chanceux.

D’autres sont « moins bien équipés », ne font que regarder la perte, l’amputation et se battent contre ce fait acquis, cette plaie, cette meurtrissure… Ils ne parviennent pas à élargir leurs objectifs et pensent pouvoir combattre le temps. Ils ne sont que tension intérieure-extérieure, et ne font que descendre dans une spirale sans fond, celle de la tristesse et de la « malchance ». Ils oublient que si le relâchement et la fluidité sont la clé du succès sur les skis, il n’y a aucune raison pour que la règle change dans cette nouvelle épreuve… Faire ce que l’on sait faire, faire ce que l’on peut faire… Le corps comme l’esprit ont besoin de temps pour se reconstruire, prétendre brûler les étapes revient à négliger ce besoin élémentaire, c’est déjà le début de la prochaine blessure…

Le simple fait que « JB » comme chacun s’accorde à l’appeler, ait pris la décision si rapidement et posément, montre que l’homme se connait ou se devine, qu’il a pleinement conscience de ses ressources et de ses besoins au sens le plus noble du terme.

Jean-Baptiste Grange a semé tôt les cailloux blancs de son retour, l’avènement du nouveau Jean-Baptiste Grange.
Un pincement peut-être demain, mais  il a décidé au sens noble du terme et il sait que sans l’homme il ne peut y avoir le skieur.

Sylvain Basset

Diagnostic Performance Individuelle

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Publié dans JO VANCOUVER, Ski alpin  
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