JO VANCOUVER – COM’ OU RECUP’, FAUT-IL CHOISIR ?…

Publié le 19 février 2010 par Sylvain Basset | flux rss Flux RSS de l'article

Composante mentale : ENERGIE
Composante mentale : EMOTIONS

JO VANCOUVER - COM' OU RECUP', FAUT-IL CHOISIR ?...

De quoi s’agit-il donc ?…
Quelles sont ces abréviations… issues de 2 mondes qui jouent à « je t’aime, moi non plus » ?…
Com’ pour Communication…
Récup’ pour Récupération…

Séquence
Une séquence ? Il y en a partout des séquences, autant de séquences que de courses multipliées par autant d’athlètes multipliées par autant de journalistes…
Enfin presque, permettons-nous d’exagérer, de grossir le trait ! Histoire de sourire à l’idée de cette problématique qui semble éternelle…
Disons pour être honnête que la probabilité d’avoir à choisir entre Com’ et Récup’ augmente dès lors que l’athlète est médaillé… ou loin de l’être !…

Faits visibles et rapportés

  • Les athlètes enchaînent les courses. Les biathlètes participent par exemple à 6 courses pendant les Jeux Olympiques, soit environ 1 tous les 2 jours
  • La récupération d’un athlète nécessite un protocole diversifié et large (massages, étirements, relaxation, détente musculaire et mentale…)
  • La presse fait son métier au mieux de ses convictions et de son éthique, les journalistes quêtent l’information vraie (ou choc !…)
  • La préparation de la course à venir nécessite la gestion de divers paramètres tactiques, matériels, physiques… (voir article Préparation d’un exploit)
  • Les 2 parties « Athlète » et « Presse » sont actrices du processus COMMUNICATION EXTERNE des processus de la performance

Notre sujet
Comment gérer les relations presse en période de compétitions répétées ?
Quelle est la limite à ne pas dépasser ?

Fausses pistes…
La recette : il n’y a pas de recette magique, malheureusement pas. Pensez simplement aux mesures phares d’entraîneurs d’équipes de foot ou de cyclisme (huis clos, ouverture des entraînements au public, black out, caméras dans les vestiaires)… Et à chaque fois le même scénario se reproduit : certains athlètes adorent et d’autres détestent… Un lieu commun que d’écrire cela ? Peut-être… Raison de plus pour tenter d’y voir plus clair ! S’il n’y a pas de recette toute faite, il y a au moins la possibilité de construire sa propre recette, comme dans l’ensemble des domaines de la préparation sportive. Et c’est ici notre objectif, comme toujours, comme le veut notre éthique : tenter de vous transmettre certaines clés issues des domaines du sport ou de l’entreprise, des clés qui vous aideront à approcher la problématique avec méthode…

Approche possible…
La seconde question est nettement mieux posée que la première !… Car il s’agit d’une problématique de processus, d’une problématique managériale, d’une question de choix qui concerne les processus RECUPERATION et COMMUNICATION EXTERNE.  Car le mental est certes important, crucial, mais il ne peut se suffire à lui-même, il ne peut apporter toutes les réponses… Les techniques de préparation mentale ne sont d’ailleurs pas là pour remplacer le management et la gestion de projet, c’est une évidence. Combien de semaines de préparation mentale pourraient d’ailleurs être « évitées » si le risque avait été géré, anticipé, maîtrisé ? Combien de polémiques et de discussions stériles pourraient être tuées dans l’oeuf si les mesures avaient été décidées avant ? La gestion des risques constitue bien l’angle d’approche de la gestion des relations presse, au même titre qu’elle doit apporter les réponses aux inconnues que constituent l’adversaire, la météo, la casse matérielle, la perte d’un chargeur, le vent, les réglages, les juges…
Mais qu’est-ce que la gestion des risques ?
C’est avant toute théorie une méthode, une approche maîtrisée du processus, à savoir l’identification du point d’entrée (départ de la séquence, en l’occurence l’arrivée de l’épreuve 1, des étapes successives qui constituent le coeur du processus et enfin la donnée de sortie à savoir l’obtention du résultat souhaité (l’état de fraîcheur au moment d’aborder l’épreuve 2. Je détaille…
Dès lors que la compétition se termine, hors de tout élément extérieur « intrusif », quel est l’enchaînement qui favoriserait la récupération puis la préparation de la prochaine compétition ?… Souvenez-vous que le temps ne se rattrappe pas et qu’une seconde durera toujours une seconde, pas moins !… Quel serait-il ?
Chaque athlète le sait (c’est souhaitable !), chaque athlète l’a expérimenté tout au long de sa carrière, chaque athlète possède une richesse, celle d’avoir vécu ce qui fonctionne et ne fonctionne pas.
La gestion des risques :
- c’est identifier chacune des actions aussi détaillées soient-elles (exemple : boisson, respiration calmante, ranger le matériel, trajet en bus, étirements, massages, vidéo, debriefing, relaxation, détente musculaire et mentale, boisson, musique, sommeil… ),
- c’est ensuite identifier la source et le niveau de risque, à savoir la probabilité de ne pas parvenir à réaliser chacune des tâches prévues (nous nous intéressons ici aux relations presse),
- c’est enfin décider de l’action de réduction du risque : quoi faire pour que cela ne se produise pas ou qu’à défaut je parvienne à atteindre l’objectif ?
L’objectif… (sic!)

Décryptage
S’il y a bien un risque connu, c’est celui de la communication externe, celui des relations avec la presse.
A partir du moment où les relations presse engendrent une perturbation sur le processus (il s’agit simplement d’observer les faits, nous ne leur en voulons pas, ils participent à leur manière à la beauté du sport !), il y a un impact émotionnel et/ou énergétique. Cet impact est largement prévisible, il peut être évalué à partir de 3 sources d’information :
- Expériences de l’athlète concerné (processus de récupération idéal, épreuves avec fortes sollicitations médiatiques…)
- Expériences d’autres concurrents pendant la compétition en cours,
- Objectif de l’athlète pour la ou les épreuves à venir.
Ensuite tout est une question décisionnelle, une question de choix :
choix 1. Vous décidez de ne pas gérer le risque et vous acceptez que cela se passera ainsi, que vous ne pourrez récupérer, que « vous n’y pouvez rien »… et vous connaissez déjà le résultat de l’athlète lors de sa prochaine course ! Mais peut-être ne constitue-t-elle pas un objectif ? Et il n’y aurait aucun mal à cela…
choix 2. Vous décidez de gérer le risque et vous construisez un processus alternatif. Vous acceptez « l’intrusion » extérieure et vous décidez de vos propres limites (protection émotionnelle en identifiant clairement les sujets à aborder ou non – protection énergétique en identifiant la durée) ou vous décidez de l’exploiter (1ère analyse à chaud par exemple). Et vous préparez à l’avance ce que sera le protocole de récupération en cas de sollicitation médiatique (heures de repas, heures de massage, heure de réveil, suppression d’une reconnaissance… ou tout autre scénario visant à « limiter la casse »). Si l’athlète a un objectif à venir, c’est une sage solution que de procéder ainsi…
Et nous n’avons pas parlé ici d’autres risques, ceux engendrés par une communication non maîtrisée, qui génèrent des dégâts émotionnels, énergétiques et pire encore que peuvent générer une communication non maîtrisée…

Il n’y a donc pas à espérer le « miracle » en cas de déviation non maîtrisée du procesus de récupération, il ne se produira pas !… Si l’athlète sait comment récupérer et qu’il ne le fait pas, la suite est connue… mais cela n’a peut-être finalement aucune importance… Aucune peut-être si l’objectif est atteint, si la suite se devait d’être échanges, fêtes et célébrations…

2 jours après sa victoire dans l’épreuve des bosses, Alexandre Bilodeau expliquait au micro de rue Frontenac « « Je n’ai dormi que trois petites trois heures depuis dimanche. (…) Il ne fait pas de doute qu’il s’agit de la période la plus rapide de ma vie, mais ça va. J’ai l’énergie. Il faut préciser en même temps que je connais les plus beaux moments de ma vie »… Il est vrai que pour lui, l’épreuve est terminée…

Le principal est sauf, c’est l’athlète qui décide… Ici et maintenant, qu’importent ses raisons s’il en a ! Pour qu’il ait l’ivresse…
Il décide quelle est sa priorité, quel est son essentiel, son rêve…
Il décide et ceci est une autre épreuve !

Ici et maintenant, un joli sujet à aborder…
Ici et maintenant je…

Le mot de la fin
Comme toujours, cette rubrique n’a aucune prétention à détenir la vérité, aucune !… Il s’agit simplement de vous apporter un regard différent, peut-être de vous encourager à oser analyser, comprendre davantage pour progresser et faire progresser les athlètes…
Informer sur les risques, prévoir et organiser la suite, c’est une belle manière d’accompagner l’athlète…

Sylvain Basset

Diagnostic Performance Individuelle

Management et préparation mentale pour votre performance

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Publié dans JO VANCOUVER, Multi-sports  
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