JO VANCOUVER – COLAS, A QUELQUES CM PRES…

Publié le 15 février 2010 par Sylvain Basset | flux rss Flux RSS de l'article

Composante mentale : CONCENTRATION

JO VANCOUVER - COLAS, A QUELQUES CM PRES...

Séquence
Vancouver, épreuve des bosses des Jeux Olympiques, un truc de malade comme disent certains !
Guilbaut Colas, le bosseur français, obtient la 6ème place.
Exceptionnel après la blessure qu’il a du gérer, le bosseur est néanmoins très déçu.
Et nous avec lui car il était beau ce rêve de revenir et de performer, d’être là sur le podium…

Faits visibles et rapportés
Une qualification de toute beauté, un temps canon, des figures engagées et limpides…
Une finale qui vient « casser » le rêve : à quelques encablures de l’arrivée, lors du 2ème saut, à quelques centimètres près Guilbaut de parvient pas à « graber » ses planches (attraper ses skis avec la main)… La sanction des juges est immédiate… Le classement final est pour lui décevant : 6ème…
Guilbaut réagit immédiatement « Je n’ai pas été bon sur mon 2ème run ! »…

Notre sujet
En quoi Guilbaut n’a-t-il pas été bon ?
Que s’est-il passé ?

Fausses pistes…
Malchance. Eh oui, c’est pourtant là notre 1er réflexe « le pauvre !……. Quel manque de chance !… ». Oui mais le pauvre justement, si vous ne faites que lui dire cela, comment l’aiderez-vous à comprendre, à progresser ?… D’ailleurs nous n’avons aucune prétention à l’aider car de toute évidence, il maîtrise son sujet et sait analyser…

Approche possible…
Vous qui avez l’habitude de nous lire, vous avez certainement deviné une méthode possible pour identifier la cause…
« Mais pourquoi n’a-t-il pas touché ses skis ? »… STOP ! Ne commencez pas par là !… Commencez plutôt par énumérer les faits avant de chercher la solution du genre la faute à « pas de chance » ou idiot pourquoi tu ne l’as pas fait ! » !!!!!!!!!!!!!! Par où alors ?… Par les faits à votre disposition, vous qui étiez devant votre poste de télévision et avez tout entendu et tout vu de l’action compétitive… Et commencez pourquoi pas par le départ de l’action (a priori vous n’avez que ces images et il est parfois intéressant de ne travailler que sur cette base…)
Le son, l’image, tout est là pour vous aider…
Le son
- « Il faut lâcher ! Il faut lâcher plus ! » commente Edgar Grospiron sur France 2. Edgar sait, il voit Guilbaut qui n’est pas aussi engagé qu’à son habitude, moins fluide, qu’un petit rien grippe la machine et l’empêche d’exprimer son talent…
- « Reste dedans, reste dedans ! » commente Sandra Laoura. Elle sent que peut-être il n’est pas « totalement dedans »…
- « Il le chie ! » s’écrit Edgar au moment du 2ème saut, un peu comme s’il était près à le dire !… Le sentait-il ?…
- « Je n’ai pas été bon dans le 2ème run ! » répond finalement Guilbaut après sa course, dans le 2ème run, pas dans le 2ème saut du 2ème run…
L’image
- Le visage de Guilbaut n’était pas tout à fait le même au départ du 2ème run, il exprimait une certaine « tension », une décontraction moindre…
- Le ski dans les bosses était de toute évidence plus heurté, plus retenu que dans le 1er run…
- L’attaque des sauts moins engagée…
- Il commet l’erreur en vue de l’arrivée…

Décryptage
Avec les données qui sont à notre disposition, 2 axes sont envisageables et nous ne nous permettrons pas d’en privilégier un plutôt qu’un autre, d’ailleurs les 2 sont compatibles et peuvent avoir joué un rôle :
Option 1 : le temps-pont. Le fait que Guilbaut apparaisse moins fluide dès avant même de s’élancer nous oblige à nous interroger sur ce qui s’est passé avant le départ, pendant ce fameux temps-pont, le temps inter-manches que doivent gérer les bosseurs, les slalomeurs, les judokas… Ce temps complexe oblige à traverser les 4 phases de la performance ANALYSER (la 1ère manche) – DECIDER (comment aborder la 2ème) – MOBILISER (échauffement / routines de concentration) et AGIR (le 2ème run !).
Le bug a-t-il eu lieu tôt dans le temps-pont ou à son extrême fin pendant les 5 minutes pré-compétitives, impossible de le dire sans de plus amples informations. Mais le fait est qu’il était plus en retrait de l’action dans le 2ème run que pendant le 1er…
Option 2 : la défocalisation. A partir du moment où Edgar Grospiron insiste sur le fait qu’il ne lâche pas assez, cela correspond à l’inévitable rapprochement de la ligne d’arrivée, à cette ligne qui grandit, qui s’approche et qui peut-être prend le dessus sur l’action. C’est la défocalisation : l’attention se déplace quelques mètres plus loin, vers l’arrivée et de fait se désynchronise de l’action immédiate. La sanction est directe : l’action est parasitée par des informations inutiles à son déroulement.
Guilbaut a-t-il dévié de l’action à l’approche de l’arrivée ? C’est à vérifier. Mais de toute évidence il « n’était pas » dans son dernier saut… Où était-il ? Lui le sait.

Les centimètres ne sont peut-être pas ceux que l’on croit…

Le mot de la fin
Comme toujours, cette rubrique n’a aucune prétention à détenir la vérité, aucune !… Il s’agit simplement de vous apporter un regard différent, peut-être de vous encourager à oser analyser, comprendre davantage pour progresser et faire progresser les athlètes…

Ce que EQUILIBRES.PRO et MYDPI peuvent vous apprendre de plus sur le sujet abordé aujourd’hui
1. Formation JOUR J : réussir le JOUR J
2. mydpi.fr – Diagnostic Performance Individuelle – Evaluation des 5 composantes mentales et fiches pratiques adaptées

Sylvain BASSET

Diagnostic Performance Individuelle

Management et préparation mentale pour votre performance

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Publié dans JO VANCOUVER, Ski acrobatique  
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