JO VANCOUVER – BIATHLON, BJORNDALEN… QUELLE CLASSE !

Publié le 27 février 2010 par Sylvain Basset | flux rss Flux RSS de l'article

Composante mentale : ENVIE CONCENTRATION EMOTIONS ENERGIE RAISON D'ETRE

JO VANCOUVER - BIATHLON, BJORNDALEN... QUELLE CLASSE !

Séquence
26 février 2010, Relais masculin du biathlon des Jeux Olympiques de Vancouver.
L’équipe de Norvège l’emporte de manière magistrale, Ole Einar Bjorndalen termine, le drapeau à la main…
Clin d’oeil à notre dernier article qui avait évoqué cette hypothèse : « Ole !… Bjorndalen »

Faits visibles et rapportés
- L’équipe de norvège remporte le relais avec 38 secondes d’avance sur l’Autriche
- Ole Einar Bjorndalen remporte son « duel au sommet » avec l’autrichien Christoph Summan lequel commet beaucoup trop d’erreurs de tirs au « couché »
- Double médaillé pendant les Jeux Olympiques de Vancouver, Bjorndalen atteind le total de 11 médailles olympiques
- Médaillé d’or aux championnats du monde Junior en 1992 (il y a 18 ans !), Ole Einar Bjorndalen a annoncé avant les J.O. qu’il sera de ceux de Sotchi

Notre sujet
Existe-t-il un « secret » Bjorndalen, une recette du succès et de la longévité ?

Fauses pistes

Seule l’envie :
Si l’on sait que la composante mentale ENVIE est indispensable et fortement développée chez les athlètes de haut-niveau (en regard des 4 autres que sont RAISONS D’ETRE, EMOTIONS, ENERGIE et CONCENTRATION qui sont d’un niveau important mais légèrement moindre), seul ce paramètre ne peut suffir à expliquer une telle longévité.
Le « perfectionnisme » :
Le perfectionnisme au sens stricte confine à la recherche du « O défaut »… du « O erreur »… et il convient de reconnaître que la seule manière de ne commettre aucune erreur consiste bien à ne rien faire ! L’immobilisme étant la garantie absolue du « O erreur » !… Ole Einar Bjorndalen a montré tout au long de sa carrière et nous montre encore combien il ose, s’engage, combien il sait prendre le risque de l’erreur… Perfectionnsime ? Ce ne serait donc pas le mot approprié. Mais cette hypothèse a au moins le mérite de nous permettre d’appréhender ce que l’on appelle « perfection » avec un regard différent…

Approche possible
De larges aspects ont été développés dans l’article « Ole !… Bjorndalen », il ne s’agit donc pas ici de répéter avec d’autres mots les nécessaires notions de plaisir, d’engagement, de générosité… mais plutôt d’appréhender une notion différente, plus technique, celle du Projet.

Décryptage

Il s’agit bien de cela, de la capacité de Ole Einar Bjorndalen à définir et gérer son projet : ANALYSER la situation dans laquelle il se trouve, DECIDER où il souhaite « aller », MOBILISER les moyens nécessaires pour y parvenir et enfin, AGIR, parachever le travail, réaliser un relais énorme et sûr à la fois… puis lever le drapeau norvégien à l’arrivée du relais des Jeux Olympiques… Tout s’est joué bien en amont, tout s’est mis en place il y a déjà fort longtemps…
A votre avis, pourquoi donc l’athlète a-t-il annoncé qu’il serait de ceux de Sotchi, un peu à la manière d’un Zidane qui avait annoncé son retrait avant la coupe du monde de 2006 ? Pourquoi donc ? Parce Bjorndalen sait combien la notion de perspective est importante, parce que c’est bien le « chemin » qui importe et que le Jour J n’est rien sans la perspective, rien ou tout autre chose, il en devient LE jour derrière lequel rien n’existera peut-être plus, le début de la pression insoutenable, qu’aucun Homme ne saurait vivre de manière fluide. Annoncer la suite revenait à la fois à positionner Vancouver dans le temps, à le « libérer de », mais également à placer Vancouver sur le chemin de celui de Sotchi, à la manière d’un entraînement pour Sotchi oserais-je écrire… Tout comme Sotchi sera un entraînement pour d’autres étapes de vie…
Et la capitalisation ? Pensez-vous que l’athlète a connu un parcours linéaire ?… Absolument pas, et nombreuses ont été les « épreuves » au sens large qui ont pu apparaître comme des échecs… Pensez-vous que l’homme n’a pas connu l’adversité ? Et Raphaël Poirée alors ?… L’homme a su analyser, se remettre en question, adapter sa manière de faire… L’homme a osé regarder et comprendre ses échecs comme ses victoires.
Et la notion de risques ? N’est-elle pas au coeur de la démarche de Ole Einar Bjorndalen ? N’y est-elle pas quand on s’efforce à observer sa manière de gérer ledit projet ? Car c’est aussi et peut-être surtout cela un projet, la capacité à identifier à chacune des étapes (qu’il s’agisse d’un projet de 1 jour ou de 4 ans…) les facteurs pouvant empêcher la réalisation de ladite étape (développé dans l’article Com’ ou Perf’). Un simple détail, une information juste en passant, pourquoi donc à votre avis le site internet de Bjorndalen n’est pas actif pendant les Jeux Olympiques ??? L’homme a su capitaliser sur l’expérience, l’homme sait qu’il ne maîtrise pas cette source extérieure et que de multiples perturbations émotionnelles peuvent naître à partir de cette fenêtre, il le sait, et choisit de ne pas courir le risque… N’en doutez pas, au delà de l’athlète, il y a le stratège capable de décider, de mettre toutes les chances de son côté…
Et la notion de déséquilibre ? Il nous fait penser au fameux et superbe principe du déséquilibre, du nécessaire déséquilibre qui permet à l’athlète (et à l’Homme au sens large) de s’en aller constituer de nouvelles ressources, se doter de nouveaux savoir-faire, pour apprendre et en sortir plus fort, grandi… Il nous rappelle ce principe souvent cité par Jean-Pierre Egger, préparateur physique de haute volée. Pourquoi donc à votre avis Bjorndalen a choisi de modifier sa position de tir à l’automne dernier ? Pourquoi donc a-t-il fait ce choix qui pour certains paraît peut-être inconscient ?… Parce qu’il sait que pour progresser il faut savoir aller en terrain inconnu, savoir déstabiliser son propre édifice pour le reconstruire plus haut plus tard…

Mécanismes
Le Projet au sens noble et performant du terme est la marque de fabrique de Bjorndalen, le projet pour ce qu’il est, un objectif à atteindre, des moyens à mettre en oeuvre, des risques à gérer. Loin, très loin de la pensée du « O risque », bien au contraire, l’introduction du risque et sa gestion.
La Gagne est un Projet !…

Le mot de la fin
Ole Einar Bjorndalen a annoncé qu’il serait à Sotchi ?…  Sous l’angle de la belle inconnue du sport (et de l’âge de Bjorndalen, 36 ans), cette annonce peut sembler hasardeuse ou nous apparaître comme un défi inconscient…
Ici nous avons une conviction, non pas celle qu’il réussira, mais celle qu’il sait exactement quelles sont ses faiblesses et quelles devront être ses forces pour y parvenir.

Sylvain Basset

Diagnostic Performance Individuelle

Management et préparation mentale pour votre performance

Partagez cet article :
  • Print this article!
  • E-mail this story to a friend!
  • Facebook
  • Twitter
  • Netvibes
  • Google Bookmarks
  • del.icio.us

Publié dans Biathlon, JO VANCOUVER  
.