DE L’IMPORTANCE D’UNE JUSTE RECO…

Publié le 7 décembre 2011 par Sylvain Basset | flux rss Flux RSS de l'article

Composante mentale : EMOTIONS Composante mentale : CONCENTRATION

DE L'IMPORTANCE D'UNE JUSTE RECO...

A l’heure où les premiers flocons tant attendus (et même plus que cela !!!) pointent le bout de leur nez,  la tentation est grande de porter notre attention sur un sujet qui peut intéresser tout skieur qui se respecte, qu’il soit entraîneur ou compétiteur, fondeur ou alpin…

Séquence
La reconnaissance, plus précisément pour ce qui concerne l’article du jour, la reconnaissance d’un tracé de ski de fond et par extension certains points communs avec la reconnaissance en ski alpin. Par extension, ce sujet pourra intéresser chaque actrice et acteur de sports nécessitant une reconnaissance.

Faits visibles et rapportés
L’observation des jeunes et moins jeunes (!) athlètes avant une compétition permet de distinguer plusieurs catégories d’attitudes :
- la non prise en compte de la reconnaissance, variant de l’omission totale à un bref échauffement sur tout ou portion du tracé,
- la reconnaissance des « points chauds », principalement les descentes avec pour principale préoccupation d’éviter la chute,
- la reconnaissance attentive le Jour J,
- la double reconnaissance construite incluant une reconnaissance approfondie les jours précédant l’épreuve doublée d’une répétition le Jour J.
Ajoutons à cela une autre distinction notoire : la présence ou non d’un entraîneur aux côtés des athlètes, même s’il est intéressant d’observer que les meilleurs jeunes acquièrent assez tôt l’autonomie pour cette phase stratégique essentielle (souvent dès 15 ans).

Notre sujet
Tentons ensemble de comprendre l’utilité ou plus exactement LES utilités d’une reconnaissance.

Fausses pistes
- « Manque de temps ! » : considérer un éventuel manque de temps, c’est prendre la problématique à l’envers et ne pas avoir compris à quoi sert la reconnaissance, car elle a une utilité majeure et même indispensable à la performance de haut-niveau,
- « Va reconnaître en skate le parcours de classique ! » : c’est toujours mieux que de ne rien faire… Mais c’est incontestablement ne toujours pas avoir compris l’utilité de la reconnaissance !
- « Le faire sans le faire », parcourir le tracé sans conscientiser le tracé : c’est être ailleurs, c’est dissocier l’attention de l’action, c’est très proche de ne pas y être du tout,
- « Il faut le faire ! » : sans explication des fondements et sans consigne, le jeune athlète n’y verra qu’une contrainte désagréable insuffisante pour l’engager réellement dans l’action.

Décryptage
Comme toujours ou si souvent dans la vie, le SENS  constitue le socle du plaisir et a fortiori de la réussite aussi personnelle soit-elle.
La reconnaissance ne peut être efficace que si elle revêt un SENS, une utilité, une fonction dans la préparation de la compétition.
La reconnaissance fait partie des processus PREPARATION A L’ACTION et JOUR J, elle peut également faire partie du processus TRAINING si l’échéance est suffisamment importante pour que des séances d’entraînement spécifiques soient élaborées.
Revenons à l’utilité et à la fonction.
Une reconnaissance efficiente permet d’optimiser 4 leviers clé de la performance : TECHNIQUE, MENTAL, TECHNOLOGIQUE et PROCESSUS (l’organisation elle-même).
Sans nous noyer dans le détail, voici résumés les ressorts, les « pourquoi du comment »…
TECHNIQUE : un parcours, c’est une lapalissade, a pour caractéristiques de base une trajectoire et un profil. Ces 2 caractéristiques nécessitent une adaptation gestuelle et technique évidente : comment exploiter au mieux le terrain pour prendre et entretenir une vitesse maximale. Quels pas ? Quels enchainements ? Quelle fréquence ? L’improvisation sera toujours et évidemment moins performante que la mise en application de ce qui a été anticipé physiquement et mentalement. La prise en compte de la dimension tactique est également possible dès lors que le parcours est maîtrisé puisque l’identification des zones où il est possible de faire la différence ne peut être réalisée que si le parcours est parfaitement connu, qu’il s’agisse d’une course individuelle ou d’une mass start.
MENTAL : la connaissance du parcours et la conscience de la technique adaptée dans les différents passages successifs constitue le socle essentiel de la CONCENTRATION. Cette connaissance permet la réalisation d’imagerie mentale sur une base réelle et concrète les jours précédant l’épreuve. Il s’agit là d’une clé de taille : la connaissance du parcours permet la projection dans l’action, laquelle constitue le fil conducteur « anti-stress » qui évite toute dérive de l’attention vers l’inconnu (le facteur n°1 de la déstabilisation) et qui permet à l’athlète de se « voir » agir… plutôt que de laisser son attention se noyer dans les inconnues.
TECHNOLOGIQUE : le choix du matériel et du fartage dépendent directement du profil, de la qualité de la neige et de la maîtrise technique de l’athlète. Sans reconnaissance (et sans connaissance de la qualité technique de l’athlète), il est absolument impossible d’optimiser la qualité du fartage en technique classique. Le fartage sera forcément « moyen » et non optimisé pour l’athlète…
PROCESSUS : en lien direct avec le levier mental, une part de l’organisation  est directement liée à la reconnaissance. De manière concrète, si l’on considère le thème du positionnement du renseignement en course, le lieu où donner le(s) renseignement(s) relatif(s) à l’écart de temps est crucial. Au delà du fait que certains athlètes préfèrent ne pas connaître l’écart, la communication d’une information nécessitant une analyse rapide et une réaction de l’athlète sera d’autant plus efficace qu’elle est effectuée en un lieu qui permet la réaction directe de l’athlète. Un clin d’oeil ici à un athlète de très haut-niveau qui a reçu une information de ce type au sommet d’une côte et avant une descente technique… dans laquelle il a chuté (et pour cause !… puisque son attention était restée scotchée sur l’info et non sur la descente) !…). Seule la reconnaissance du parcours par les 2 parties (athlète et entraîneur) permet cette optimisation.

Ne pas reconnaître le parcours, c’est choisir sciemment de ne compter que sur la capacité d’adaptation de l’athlète et c’est le mettre de fait dans une situation de fragilité émotionnelle.
La suite ne sera qu’un cortège de multiples tentatives d’explication du type « Ce n’était pas mon jour », « Pas de chance, j’étais derrière un autre concurrent dans la descente », « Je n’y étais pas », « Dans les bois je bottais », …

Le mot de la fin
Un article ne suffira pas à construire un protocole de reconnaissance efficient, reconnaissons-le humblement !
Mais si nous sommes parvenus à vous entrouvrir des portes et à vous donner quelques arguments pour accompagner jeunes et moins jeunes, alors nous avons atteint notre objectif.
Nous souhaitons à tous-tes les jeunes athlètes et à leurs entraîneurs d’oser explorer cette voie !

Sylvain BASSET

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Publié dans Ski alpin, Ski de fond  
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