B. JOUBERT, QUELLE RECETTE ?…

Publié le 25 janvier 2010 par Sylvain Basset | flux rss Flux RSS de l'article

Composante mentale : EMOTIONS
B. JOUBERT, QUELLE RECETTE ?...

Tout d’abord une information : nous avons le plaisir de vous annoncer que l’équipe de la-gagne-est-un-projet.com prendra soin de réaliser différentes analyses de manière quasi-quotidienne pendant les Jeux Olympiques de Vancouver.
Nous vous donnons donc rendez-vous chaque jour avec des analyses décalées. Faites-nous part de vos commentaires !
A cet effet, nous apportons dès aujourd’hui une modification à nos analyses qui conservent la même grille de lecture mais seront légèrement plus courtes, n’hésitez pas à nous indiquer si vous appréciez ce format ! Amis sportifs, bonne lecture !…

Séquence
Tallinn, championnats d’Europe de patinage artistique… Brian Joubert monte sur la 3ème marche du podium et constate les erreurs qui ont motivé à juste titre les notes des juges.

Faits visibles et rapportés
B. Joubert constate…
Lors de l’immédiate interview post compétition, au micro de l’excellent Nelson Montfort, Brian Joubert relate ses différentes erreurs pendant le programme.
Brian Joubert analyse…
Pour B. Joubert, aucun doute possible, l’origine est physique. Ses lacunes physiques génèrent le doute, sont à l’origine de sa fébrilité, et de fait favorisent les erreurs.
Brian Joubert décide…
Priorité au travail physique avant Vancouver !

Notre sujet
Si vous avez l’habitude de nos analyses, vous avez deviné les sujets que nous développerons !…
Nous approfondirons 2 thèmes :
1. Quelles sont les origines de la relative contre-performance de Brian lors de ces championnats d’Europe ?
2. Quelle doit être la priorité avant les jeux de Vancouver qui débutent le 16 février pour Brian ?…

Fausse piste…
n°1 Physique
Balayons d’entrée cette hypothèse comme axe de progrès prioritaire avant Vancouver.
Quand bien même il serait exact de dire que Brian est loin de son top niveau physique, la possibilité de progrès est extrêmement ténue dans l’espace temps qui le sépare de l’échéance de Vancouver. Il n’est évidemment pas exclu de peaufiner quelques aspects physiques ciblés que les experts du domaine maîtrisent mieux que moi, mais de là à combler les lacunes qui semblent exister, il y a un pas que je ne franchirai pas…
n°2 Aucune faiblesse mentale…
C’est ce que prétend Didier Gailhaguet… Un peu comme si le mot « faiblesse » était honteux, comme si le fait de chercher à progresser était avant tout reconnaître d’affreux points faibles. Qu’est-ce que le progrès alors si ce n’est se doter de savoir-faire supplémentaires (et donc non assimilés). Prétendre que la réussite du programme court est le signe de la maîtrise de la pression est une erreur fondamentale. La question n’est pas là, elle serait plutôt « Brian est-il capable consciemment de reproduire la gestion émotionnelle mise en oeuvre lors du programme court ? ».

Décryptage
Un mot revient très souvent dans la bouche de Brian, il s’agit du mot « manque de sérénité » et nous avons écrit dans une précédente analyse toute l’importance qu’il y a à lui épargner toute forme de « sur-pression ». Mais cela ne peut suffire s’il n’y a pas de constat objectif et de plan d’action adapté.
Que s’est-il passé lors du programme libre ? Avez-vous tenté de décrypter les images ?…
Laissez-moi vous faire part de ma modeste analyse : la face visible a débuté, non pas lors de la 1ère erreur de Brian mais lors de l’échauffement :
Lors du « warm up », les finalistes effectuent différentes figures. Brian laisse transparaitre un visage en proie au doute. Vers la fin de l’échauffement, Brian s’engage pour réaliser semble-t-il au minimum un « double », voire un « triple » et ne réalise finalement qu’un « simple », ce qui  le déstabilise jusqu’à la fin de l’échauffement… pour ainsi dire jusqu’au début de son programme libre.
Vous avez dit sérénité ? Nous avons posé la question lors d’une précédente analyse sur l’existence ou non d’un référentiel émotionnel permettant à Brian d’optimiser sa performance le Jour J. La réponse est ici donnée : il semble ne pas exister. Il semble clair que le protocole d’échauffement n’est pas suffisamment calibré et qu’il n’y a pas d’alternatives stratégiques (quel est l’objectif de l’échauffement ? / si je rate, voilà ce que je fais / voilà par quoi je dois clore l’échauffement pour conserver une « image référence performance » / si je croise tel ou tel concurrent, voilà comment je me comporte… et les facteurs sont très nombreux !).
Comment est-il possible d’être serein s’il n’existe pas de référentiel émotionnel ? Comment est-ce possible si la tactique pré-compétitive n’est pas optimisée ?
La préparation du Jour J est un peu comme une recette de cuisine, vous avez le choix entre :
- y aller au « feeling », ne rien écrire sur les aliments, les doses, l’ordre des étapes, la durée, la température, la manière de contrôler… Mais évidemment, vous ne serez jamais capable de reproduire la même recette et donc le même résultat. Quel problème serait-ce pour les grands chefs et leurs cartes !…
- écrire le détail de l’ensemble des points ci-dessus lors de chaque tentative différente, analyser les résultats, échanger avec vos proches et peaufiner votre recette.
Vous l’avez compris, ce que l’on appelle souvent pompeusement le « mental » nécessite avant toute chose de la méthode (www.equilibres.pro possède son propre logiciel), le désir de professionalisme et une pleine collaboration entre les acteurs (athlète – entraîneur – préparateurs – entourage).
Et pensez-y, l’exploit n’est pas une improvisation totale, c’est une improvisation sur la partie sommitale de la performance, laquelle repose sur une base ô combien structurée.
Nous sommes sur ce point en accord avec D. Gailhaguet, il convient de rompre le cercle vicieux qui s’est instauré, cesser la fuite en avant et travailler sur l’axe à forte valeur ajoutée.

Mécanismes
Rappelons l’extrait d’un précédent article, qui prend tout son sens une nouvelle fois…
Triangle de la performance
La performance en compétition résulte de la règle : Support de concentration + Ancrage + Juste émotion
Aucun doute, la gestion émotionnelle déficiente à l’entraînement (absence de sérénité et non intégration de la composante émotionnelle) semble bien être directement en cause dans la « contre-performance » de Brian Joubert ce week-end. Etre « complètement prêt » comme le dit Brian, ce n’est de loin pas uniquement sur les plans physique et technique… »
Dans le détail, le Jour J, les 2 leviers d’action prioritaires sont  les EMOTIONS et la CONCENTRATION.

Et alors, me direz-vous ? Que faut-il faire ?
Tout d’abord être réaliste !
A quelques semaines (ou jours !!!) de l’événement, le miracle physique ne se produira pas. Et si la sérénité n’est pas présente lors des championnats d’Europe, imaginez ce que ce sera lors des Jeux Olympiques si aucune stratégie émotionnelle n’existe !…
Et vous savez combien il est important d’arriver serein lors des grands événements !
Il convient donc d’identifier le levier sur lequel Brian a une réelle et réaliste marge de progrès avant les J.O. : la gestion des émotions et la tactique pré-compétitive. Permettre à Brian d’exprimer ce qu’il maîtrise au mieux à ce jour (n’en doutons pas, il le sait), lors des Jeux Olympiques, c’est ce qui nous semble être la stratégie judicieuse. D’autant que ses adversaires seront peut-être également confrontés à certains doutes (Lambiel et Plushenko sont eux aussi confrontés à des inconnues…).

Questions
Quelle est le diagnostic et le plan d’action de son entraîneur, L. Depouilly ?
Y a-t-il eu un debriefing post compétition sur les 5 leviers : Physique – Technique – Mental – Processus – Technologique ?
Quel est le résultat de ce debriefing ?
Brian Joubert n’appele-t-il pas « physique » ce qui est en fait un « manque d’énergie » ?…
Brian Joubert peut-il accepter l’idée que son principal axe de progrès réaliste avant les JO est émotionnel ?
Brian Joubert est-il soutenu sur le plan du management et de la préparation mentale ?

Le mot de la fin
« Qui perd la maîtrise émotionnelle perd le combat ! », nous nous répétons…
Brian, avant les J.O, tu n’as peut-être plus le temps de tester une multitudes de recettes, mais tu as la possibilité d’écrire celle que tu as le mieux aimée !
Et cela ne dépend que de toi, ce qui est plutôt confortable.
Brian, tu prétends pouvoir battre Evgueni Plushenko, nous te le souhaitons plus que sincèrement. C’est certainement pour cette raison que nous avons pris soin de rédiger ce sujet.

Comment EQUILIBRES.PRO et MYDPI peuvent vous aider sur le sujet abordé
1. Formation JOUR J : mise en place d’un référentiel émotionnel.
2. Coaching : mise en place du référentiel émotionnel à vos côtés.
3. Mydpi.fr : identifier précisément la composante mentale à améliorer en priorité et les outils adaptés.

Diagnostic Performance Individuelle

Management et préparation mentale pour votre performance

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Publié dans Patinage artistique  
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